Formation
Formation courte et moyenne
Formation longue durée
 
 

Formation de longue durée

 

 

 

    La formation de moyenne durée (quelques mois à un an) pourrait être envisagée pour permettre à quelques cadres et techniciens de se spécialiser dans certaines disciplines nécessitant un perfectionnement assez approfondi telles que l’imagerie satellitaire, le stockage et le traitement de données, la maîtrise des techniques de pulvérisation, la gestion des ressources et moyens utilisés, le suivi/évaluation, la protection de l’environnement, etc.   La formation de courte durée (une à deux semaines) aura pour objectif d’assurer une formation essentiellement pratique :

    • Au niveau régional, pour former des formateurs par le biais d’ateliers regroupant des participants de tous les pays membres;

    • Au niveau national, pour former l’ensemble des opérateurs intervenant dans la surveillance et la lutte contre le Criquet pèlerin (prospecteurs, applicateurs, chauffeurs, …).

    Formation de longue durée  

    Au niveau de la Région Occidentale (Afrique de l’Ouest et du Nord-Ouest), il n’existe qu’une vingtaine de cadres spécialisés en acridologie dont environ la moitié possède une bonne expertise. En outre, l’âge moyen de ces cadres est de 45 ans. Cela veut dire que lors de la prochaine invasion, au cas où l’espacement entre deux invasions serait de 10 à 20 ans, la quasi-totalité des cadres actuellement en fonction sera à la retraite. La relève ne pourra être assurée que si, dès à présent, la politique de formation de longue durée est renforcée. Il est à rappeler que la CLCPRO finance annuellement une bourse de 3 ème cycle (Doctorat) sur ses fonds propres et que le DLCC (Desert Locust Control Committee /Comité FAO de lutte contre le Criquet pèlerin) en fait de même. Mais cela reste insuffisant puisque à ce rythme on ne pourra former que 2 cadres tous les 4 ou 5 ans. Pour répondre plus rapidement au manque de cadres de haut niveau, spécialisés en lutte antiacridienne, ressenti dans les pays concernés pendant la dernière invasion d’une part, et préparer l’avenir d’autre part, il s’avère indispensable de mettre en place un grand programme de formation supérieure en acridologie et dans les disciplines connexes afin de permettre à chacun des pays concernés de disposer d’un nombre approprié de cadres. Ce type de formation sera réservé en priorité aux pays ne disposant pas actuellement de spécialistes de ce niveau. La réalisation de ce programme visera la formation d’une quarantaine de cadres pour l’Afrique de l’Ouest et du Nord-Ouest. Elle permettra à terme de :

    • Conduire les opérations de prospection et de lutte antiacridienne en conformité avec les normes d'efficacité, de qualité et de sécurité exigées pour la gestion des opérations sur le terrain, de suivi biologique de l'insecte et de suivi écologique de l'environnement;

    • Assurer la mise à niveau des connaissances du personnel en charge des dispositifs nationaux de la lutte antiacridienne sur la base des acquis et progrès scientifiques et techniques en matière de biologie, de pesticides, de transmission des données, d’imagerie satellitaire, de Système d’information géographique, etc.;

    • Développer, dans les différents pays de la Région , un réseau de cadres spécialisés traitant le problème acridien avec une approche harmonisée et privilégiant dans la durée la prévention comme le meilleur moyen de lutte ;

    • Réaliser des recherches susceptibles d’améliorer les connaissances dans les différents volets de la lutte antiacridienne ;

    • Assurer le perfectionnement et le recyclage permanent de tous les opérateurs impliqués dans la lutte contre le Criquet pèlerin ;

    • Disposer de personnes ressources pour l’expertise régionale et internationale.

    Les formations supérieures en acridologie pourraient être réalisées dans les quelques universités européennes ou maghrébines. En Europe, les universités de Paris XI, Paris VI et de la Sorbonne en France et à Oxford en Angleterre sont celles qui ont assuré la formation de la majorité des maghrébins et des sahéliens. En Afrique du Nord-Ouest, ce sont les Instituts Agronomiques d’El Harrach (Algérie), I. A. V. Hassa, II (Maroc) et de Tunis (Tunisie) ainsi que certaines universités qui ont joué ce rôle dans le cadre des cycles de spécialisation en protection des plantes. Il est à souligner que l’Institut Agronomique et Vétérinanire Hassan II au Maroc, vient de mettre en place, en collaboration avec le Centre National de Lutte Antiacridienne d’Agadir (Maroc), un 3 ème cycle en acridologie destinée à former, au bout de 2 ans, des ingénieurs spécialisés dans ce domaine.

    Le coût de ces formations variera selon le lieu de formation. Il est admis qu’en Europe (où il devient de plus en plus difficile pour les africains de suivre un 3 ème cycle) les dépenses par étudiant et par an sont de l’ordre de 20.000 à 30.000 USD et la durée de formation est de 4 à 5 ans (Doctorat ou PhD). En Afrique du Nord elles sont de 10.000 à 20.000 USD et la durée est de 4 à 5 ans pour le Doctorat et 2 ans pour le Master ou pour la formation d’Ingénieur agronome spécialisé. Le montant global du programme serait de 2 à 3 millions USD et peut s’étaler sur 5 à 10 ans.